Changer sa vieille chaudière pour une pompe à chaleur, sans toucher au reste de la maison : c’est aujourd’hui le dernier chantier « à la carte » que MaPrimeRénov’ finance encore en geste isolé. Le projet de budget pour 2027 prévoit de le faire sortir lui aussi du dispositif. Pour les propriétaires qui avancent pièce par pièce, au rythme de leur budget, c’est un changement de méthode à anticiper dès maintenant.
- Le projet de budget 2027 prévoit de financer les pompes à chaleur posées seules uniquement par les primes CEE.
- Les crédits de paiement de l’Anah passeraient de 1,450 à 1,233 milliard d’euros.
- Le texte doit encore être voté : examen de la seconde partie du budget à partir du 27 octobre.
Plan de l'article
Ce que prévoit le projet de budget 2027 #
L’information figure dans le projet annuel de performances de la mission « Cohésion des territoires », annexé au projet de loi de finances déposé le 1er octobre à l’Assemblée nationale. Comme le détaille Meilleurtaux, les « gestes prioritaires de décarbonation, notamment les pompes à chaleur » seraient désormais « uniquement financés par les certificats d’économie d’énergie ».
À lire Container maritime aménagé : le guide pour bien choisir
Concrètement, une pompe à chaleur posée seule ne passerait plus par l’Agence nationale de l’habitat. Le ménage devrait se tourner vers les primes CEE, versées par les fournisseurs d’énergie et de carburants. Il ne s’agit donc pas d’une suppression pure et simple de l’aide, mais d’un changement de guichet, avec des montants qui ne dépendent plus d’un barème public unique.
Un budget de l’Anah en recul
Ce transfert s’accompagne d’une baisse de la dotation de l’État. Toujours selon les documents budgétaires cités par Meilleurtaux, les crédits de paiement du programme 135 passeraient de 1,450 milliard d’euros en 2026 à 1,233 milliard d’euros en 2027, soit environ 217 millions d’euros de moins. L’objectif affiché est de concentrer l’argent public sur les rénovations d’ampleur et sur les copropriétés dégradées.
Rien n’est encore gravé dans le marbre. La seconde partie du budget, qui contient cette ligne, doit être examinée à l’Assemblée à partir du 27 octobre, rappelle Capital. Les règles précises devront ensuite être fixées par décret.
La fin d’un mouvement engagé depuis deux ans #
Le parcours « par geste » de MaPrimeRénov’ se réduit chantier après chantier. Depuis le 1er janvier 2026, l’isolation des murs et les chaudières bois ou biomasse n’y figurent plus. Au 1er septembre, ce sont l’isolation de la toiture, certains équipements solaires, la ventilation et plusieurs appareils de chauffage au bois qui en sont sortis.
À lire Furet de plomberie : bien l’utiliser sans abîmer la canalisation
Depuis cette date, selon Capital, le geste isolé ne finance plus que les pompes à chaleur, le raccordement à un réseau de chaleur, la dépose d’une cuve à fioul et l’audit énergétique. Les CEE ont déjà pris le relais seuls pour l’isolation des murs ou des fenêtres. La pompe à chaleur serait donc l’une des dernières pièces du puzzle à basculer.
Une logique de chantier global
Sur le fond, l’idée défendue par le gouvernement se tient d’un point de vue technique. Poser une pompe à chaleur dans une maison mal isolée revient souvent à surdimensionner l’équipement et à chauffer les combles. Un artisan cité par Capital le résume sans détour : installer une pompe à chaleur dans une passoire thermique « n’a aucun sens ».
Mais tous les ménages n’ont pas les moyens d’un bouquet isolation, ventilation et chauffage d’un seul coup. La rénovation pas à pas reste la réalité de beaucoup de propriétaires, surtout dans l’ancien.
Ce que cela change pour un propriétaire #
Capital prend l’exemple d’un couple modeste avec deux enfants, en province, qui veut remplacer sa chaudière gaz par une pompe à chaleur air-eau. En 2026, MaPrimeRénov’ lui accorde 4 000 euros, dans la limite de 12 000 euros de dépenses éligibles, en plus du « coup de pouce chauffage » des CEE. En 2027, si seule la prime CEE subsiste, il devra comparer son montant à ces 4 000 euros. Or, depuis janvier 2026, ce coup de pouce n’a plus de plancher : chaque fournisseur d’énergie fixe sa propre prime.
À lire Remplir son carnet de commandes en rénovation : les canaux qui marchent vraiment
Faut-il lancer son chantier avant la fin de l’année ?
Pour un projet déjà mûr, devis signé en main, déposer son dossier avant que les nouvelles règles n’entrent en vigueur peut éviter une mauvaise surprise. Attention cependant à ne pas précipiter un chantier mal préparé. Une pompe à chaleur mal dimensionnée coûte cher à l’usage, aide ou pas.
Pour les autres, le bon réflexe est de reprendre le projet sous l’angle de la rénovation d’ampleur : un audit énergétique, puis un bouquet de travaux cohérent qui fait gagner des classes au DPE. C’est désormais là que l’Anah concentre ses moyens, et c’est aussi ce qui donne le meilleur résultat sur la facture.
Les points à surveiller d’ici janvier #
Trois éléments décideront de l’impact réel pour les ménages. D’abord le vote du Parlement, qui peut modifier la copie du gouvernement. Ensuite le décret qui précisera les aides réellement accessibles en 2027. Enfin le niveau des primes CEE pour les pompes à chaleur, que le gouvernement n’a pas encore chiffré : rien ne garantit à ce stade qu’elles compenseront intégralement la disparition de MaPrimeRénov’.
En attendant, un conseil de chantier : faites établir plusieurs devis par des entreprises RGE, demandez à chacune le montant de prime CEE qu’elle peut mobiliser, et gardez une trace écrite des dates de signature. Ce sont ces documents qui feront foi si les règles changent entre le devis et la pose.
À lire Canapé et animaux : quels revêtements résistent vraiment
Questions fréquentes #
MaPrimeRénov’ pour une pompe à chaleur seule disparaît-elle dès maintenant ?
Non. En 2026, la pompe à chaleur reste finançable en geste isolé. Le basculement vers les seules primes CEE figure dans le projet de budget 2027, qui doit encore être voté puis précisé par décret.
Les primes CEE remplaceront-elles le même montant ?
Rien ne le garantit. Le gouvernement n’a pas chiffré le niveau des primes CEE en 2027, et depuis janvier 2026 chaque fournisseur d’énergie fixe librement son coup de pouce chauffage.
La rénovation d’ampleur reste-t-elle aidée ?
Oui. C’est même la priorité affichée : le recentrage vise à concentrer les moyens de l’Anah sur les bouquets de travaux et les copropriétés dégradées.




