À partir du 1er septembre 2026, l’isolation des combles et des toitures-terrasses, le remplacement des fenêtres, la VMC double flux, les poêles et inserts à bois ou à granulés, le chauffe-eau thermodynamique et le solaire thermique ne sont plus financés par MaPrimeRénov’ « par geste » en métropole : onze forfaits sortent du barème, et cinq postes de travaux seulement restent aidés hors rénovation d’ampleur. Le décret n° 2026-822 du 25 août 2026 et deux arrêtés du même jour, publiés au Journal officiel du 27 août, posent la règle qui décide de tout : c’est la date de dépôt de la demande de prime qui fait foi, pas celle du devis ni du chantier.
- ▸Le décret n° 2026-822 du 25 août 2026 retire du parcours « par geste » cinq familles de travaux : isolation, ventilation, appareils indépendants au bois, pompes à chaleur dédiées à l’eau chaude et solaire thermique (hors outre-mer).
- ▸Le forfait le plus élevé qui disparaît est celui du chauffage solaire thermique : jusqu’à 10 000 €. Le plus courant, l’isolation des combles, valait 25 €/m².
- ▸Verbatim du décret : les nouvelles dispositions « s’appliquent aux demandes de primes déposées à compter » du 1er septembre. Une demande déposée jusqu’au 31 août inclus garde l’ancien barème.
- ▸Contrepartie peu commentée : les passoires classées F et G gardent l’accès au parcours par geste jusqu’au 31 décembre 2027, au lieu du 31 décembre 2026.
Le tableau avant/après : les onze forfaits qui disparaissent #
Montants de l’annexe de l’arrêté du 14 janvier 2020 applicable jusqu’au 31 août 2026, dans l’ordre : ménages très modestes (bleu) / modestes (jaune) / intermédiaires (violet). Les ménages aux ressources supérieures ne touchaient déjà rien sur ces gestes.
| Geste de travaux | Jusqu’au 31/08/2026 | À partir du 01/09/2026 | Forfait qui disparaît (très modeste / modeste / intermédiaire) |
|---|---|---|---|
| Isolation des rampants de toiture et plafonds de combles | Financé | Non financé | 25 / 20 / 15 €/m² — plafond 75 €/m² |
| Isolation des toitures-terrasses | Financé | Non financé | 75 / 60 / 40 €/m² — plafond 180 €/m² |
| Parois vitrées (fenêtres, portes-fenêtres) | Financé | Non financé | 100 / 80 / 40 € par équipement — plafond 1 000 € |
| VMC double flux | Financé | Non financé | 2 500 / 2 000 / 1 500 € — plafond 6 000 € |
| Poêle et cuisinière à granulés | Financé | Non financé | 1 250 / 1 000 / 750 € — plafond 5 000 € |
| Poêle et cuisinière à bûches | Financé | Non financé | 1 250 / 1 000 / 500 € — plafond 4 000 € |
| Foyer fermé, insert de cheminée | Financé | Non financé | 1 250 / 750 / 500 € — plafond 4 000 € |
| Chauffe-eau thermodynamique | Financé | Non financé | 1 200 / 800 / 400 € — plafond 3 500 € |
| Chauffe-eau solaire individuel (métropole) | Financé | Non financé | 4 000 / 3 000 / 2 000 € — plafond 7 000 € |
| Chauffage solaire thermique (système solaire combiné) | Financé | Non financé | 10 000 / 8 000 / 4 000 € — plafond 16 000 € |
| Capteurs solaires hybrides | Financé | Non financé | 2 500 / 2 000 / 1 000 € — plafond 4 000 € |
L’ordre de grandeur est net sur un chantier réel : un ménage modeste isolant 100 m² de combles perdus touchait 2 000 €, un ménage très modeste remplaçant huit fenêtres percevait 800 €. Notre article sur l’isolation sous toiture et le rôle de l’écran détaille les points techniques de ce type de chantier.
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Ce qui reste financé, et à quel montant #
En France métropolitaine, cinq postes seulement restent accessibles hors rénovation d’ampleur. Point important pour qui suit le barème de près : leurs montants ne bougent pas, le nouvel arrêté reprenant à l’euro près les chiffres en vigueur jusqu’au 31 août.
| Geste encore financé (métropole) | Très modeste / modeste / intermédiaire | Plafond | Évolution |
|---|---|---|---|
| Pompe à chaleur géothermique ou solarothermique | 11 000 / 9 000 / 6 000 € | 18 000 € | Inchangé |
| Pompe à chaleur air/eau | 5 000 / 4 000 / 3 000 € | 12 000 € | Inchangé |
| Raccordement à un réseau de chaleur ou de froid | 1 200 / 800 / 400 € | 1 800 € | Inchangé |
| Dépose d’une cuve à fioul | 1 200 / 800 / 400 € | 4 000 € | Inchangé |
| Audit énergétique | 500 / 400 / 300 € | 800 € | Inchangé |
Deux précisions souvent escamotées. La pompe à chaleur air/air n’a jamais été éligible et ne le devient pas. Et l’outre-mer conserve des gestes qui disparaissent en métropole : eau chaude solaire (1 600 / 1 300 / 1 000 €), protection des parois contre les rayonnements solaires, sur-toitures et bardages ventilés restent inscrits pour La Réunion, la Guyane, la Martinique, la Guadeloupe et Mayotte.
J’ai un devis signé ou un dossier déposé : que se passe-t-il ? #
Ce qui fait foi : la date de dépôt de la demande
La réponse est écrite noir sur blanc à l’article 5 du décret n° 2026-822 : « les dispositions du présent décret entrent en vigueur le 1er septembre 2026, et les nouvelles dispositions s’appliquent aux demandes de primes déposées à compter de cette même date ». L’arrêté du 25 août le répète à son article 6. Le critère n’est donc ni la date du devis, ni celle des travaux, mais la date de dépôt du dossier auprès de l’Agence nationale de l’habitat (Anah), qui gère MaPrimeRénov’. Une demande déposée jusqu’au 31 août 2026 inclus est instruite avec l’ancien barème, même si le chantier s’achève en 2027 ; une demande déposée le 1er septembre avec un devis de juin relève du nouveau texte.
Le piège : faire démarrer le chantier trop tôt
Une règle inchangée, à l’article 2 du décret n° 2020-26, coûte cher chaque année : « Seuls les travaux et prestations commencés après l’accusé de réception par l’Agence nationale de l’habitat de la demande de prime y ouvrent droit ». Signer un devis avant de déposer la demande ne pose aucun problème ; lancer le chantier avant l’accusé de réception fait perdre l’aide, quel que soit le barème. Après notification de la décision d’octroi, vous disposez de deux ans pour justifier de l’achèvement des travaux (trois ans en rénovation d’ampleur). L’entreprise doit être qualifiée RGE (Reconnu garant de l’environnement) et le logement achevé depuis au moins quinze ans en métropole. Enfin, le cumul prime + CEE + autres aides ne peut pas faire descendre le reste à charge sous 10 % pour un ménage très modeste, 25 % pour un modeste et 40 % pour un intermédiaire.
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Le sursis discret accordé aux passoires F et G #
Le décret repousse d’un an la date à laquelle les passoires énergétiques seront exclues du parcours par geste. L’article 1er du décret n° 2020-26, dans sa version au 1er septembre 2026, dispose désormais : « S’agissant des demandes de prime déposées à compter du 1er janvier 2028 […] la classe du logement au sens de l’article L. 173-1-1 du code de la construction et de l’habitation est comprise entre A et E avant travaux ». La date précédente était le 1er janvier 2027. Concrètement, jusqu’au 31 décembre 2027, un logement classé F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE) peut encore obtenir une pompe à chaleur, un raccordement, une dépose de cuve à fioul ou un audit en parcours par geste. Trois cas échappent à ce critère de classe : parties privatives d’un immeuble collectif, travaux urgents en cas de risque pour la santé ou la sécurité, travaux liés à une catastrophe naturelle ou technologique.
Ces travaux ne perdent pas toute aide : trois relais #
1. MaPrimeRénov’ parcours accompagné. C’est le point 15 de l’annexe 1, non touché par la réforme. Isolation, fenêtres, VMC ou poêle restent finançables au sein d’un bouquet visant un gain d’au moins deux classes au DPE, avec l’appui obligatoire d’un opérateur agréé (Mon Accompagnateur Rénov’). Le décret réserve ce parcours aux logements dont la classe est « comprise entre E et G avant la première ou l’unique étape des travaux ».
2. Les CEE (certificats d’économies d’énergie). Dispositif distinct de MaPrimeRénov’, financé par les fournisseurs d’énergie et non par l’État, il n’est pas modifié par le décret du 25 août : isolation des combles, VMC, chauffage au bois ou chauffe-eau thermodynamique continuent d’y ouvrir droit. Prudence toutefois avec les offres trop belles qui circulent autour des aides : nous avons détaillé ailleurs ce que vaut la promesse du « panneau solaire gratuit grâce au gouvernement ».
3. L’éco-prêt à taux zéro. Troisième dispositif à part : il ne verse pas de subvention mais finance les travaux sans intérêts, et n’est pas concerné par la suppression du 1er septembre. Sur un chantier d’isolation par l’extérieur, le plus lourd financièrement, il devient un levier central.
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Ce qui n’est pas confirmé à ce stade #
L’économie budgétaire d’environ 300 millions d’euros attribuée à la réforme circule dans la presse spécialisée mais ne figure ni dans le décret, ni dans les arrêtés, ni dans un communiqué ministériel : nous ne la reprenons pas comme un fait établi. Il est en revanche vérifié que le Conseil national de l’habitat, consulté le 2 juillet 2026, a rendu un avis défavorable sur les projets de textes ; cet avis étant consultatif, il n’a pas empêché leur publication.
Questions fréquentes #
Mon devis est signé avant le 1er septembre 2026 : est-ce que je garde MaPrimeRénov’ ?
Non, pas automatiquement : la date du devis n’a aucun effet sur le barème appliqué. Le décret n° 2026-822 du 25 août 2026 précise que les nouvelles dispositions « s’appliquent aux demandes de primes déposées à compter » du 1er septembre 2026. C’est donc la date de dépôt de votre demande auprès de l’Anah qui détermine la liste des travaux éligibles et les montants. Une demande déposée au plus tard le 31 août 2026 est instruite avec l’ancien barème, même si les travaux sont réalisés en 2027. Attention à un second point, inchangé : seuls les travaux commencés après l’accusé de réception de votre demande par l’Anah ouvrent droit à la prime.
Quels travaux restent financés par MaPrimeRénov’ par geste après le 1er septembre 2026 ?
En France métropolitaine, cinq postes seulement : la pompe à chaleur géothermique ou solarothermique (11 000 / 9 000 / 6 000 € selon que le ménage est très modeste, modeste ou intermédiaire), la pompe à chaleur air/eau (5 000 / 4 000 / 3 000 €), le raccordement à un réseau de chaleur ou de froid (1 200 / 800 / 400 €), la dépose d’une cuve à fioul (1 200 / 800 / 400 €) et l’audit énergétique (500 / 400 / 300 €). Ces montants sont inchangés par rapport à ceux applicables jusqu’au 31 août 2026. L’outre-mer conserve en plus l’eau chaude solaire, la protection des parois contre les rayonnements solaires, les sur-toitures et les bardages ventilés.
Puis-je encore faire isoler mes combles ou changer mes fenêtres avec une aide publique ?
Oui, mais plus par le parcours par geste de MaPrimeRénov’. Ces travaux restent finançables dans le cadre du parcours accompagné, la rénovation d’ampleur, qui suppose un bouquet de travaux visant un gain d’au moins deux classes au DPE, l’intervention d’un opérateur agréé, et qui vise les logements classés entre E et G avant travaux. Ils restent également éligibles aux certificats d’économies d’énergie (CEE), un dispositif distinct financé par les fournisseurs d’énergie et non modifié par le décret du 25 août 2026, ainsi qu’à l’éco-prêt à taux zéro.
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Sources : décret n° 2026-822 du 25 août 2026 et arrêté du 25 août 2026 modifiant le décret et l’arrêté du 14 janvier 2020, JORF du 27 août 2026 (décret, arrêté) · versions consolidées au 31 août et au 1er septembre 2026 (Légifrance) · barèmes MaPrimeRénov’ 2026 (Hellio) · avis du Conseil national de l’habitat du 2 juillet 2026 (Actu-Environnement).
Plan de l'article
- Le tableau avant/après : les onze forfaits qui disparaissent
- Ce qui reste financé, et à quel montant
- J’ai un devis signé ou un dossier déposé : que se passe-t-il ?
- Le sursis discret accordé aux passoires F et G
- Ces travaux ne perdent pas toute aide : trois relais
- Ce qui n’est pas confirmé à ce stade
- Questions fréquentes